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L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

Mnémotechnique

Mécanisme de l’ars memorativa…traité anonyme Ad Herrenium, le De Oratore de Cicéron et l’Institutio Oratoria de Quintilien. P 18

France Yates, L’Art de la mémoire, trad. Fr. Daniel Arasse, Gallimard, 1975, p7. L’édition originale anglaise de The Art of Memory date de 1966. Quelques années auparavant, en 1960, Paolo Rossi avait déjà fait paraître sa Clavis Universalis, centrée sur l’histoire des arts de la mémoire aux XVIe et XVIIe siècles. En 1983, la seconde édition de ce livre, qui devait beaucoup aux recherches antérieures de Frances Yates, fut d’ailleurs dédiée par son auteur à la mémoire de l’historienne anglaise : Paolo Rossi, Clavis Universalis, arts de la mémoire, logique combinatoire et langue universelle de Lulle à Leibniz, trad fr. Million, 1993. Lors de deux conférences données à l’Architectural Association de Londres en 1980, Yates s’interrogea elle-même sur l’intérêt possible de ses recherches pour les architectes aujourd’hui : « So I leave you with the thought that buildings may be less solid than they seem, existing invisibly in the mind of the architect before they are born ; remembered invisibly down the ages in the memories of generations. » (Architecture and the Art of Memory », AA Quaterly vol. 12, n°4, 1980). P19 (note 1)

…Platon désigne l’essence des choses -, ou la thèse aristotélicienne selon laquelle « L’âme ne pense jamais sans une image mentale. » p20

L’important est qu’il s’agisse de lieux dont les configurations et les relations sont fixées et gouvernées par un ou quelques parcours déterminés. P22

La mémoire artificielle, en somme, appelle un paysage lui-même relativement artificiel. P 22

D’autre part, la mémoire des lieux précède celle des images, à laquelle elle sert de cadre et de support. P22

…des rapports d’affinités pouvaient-ils s’établir entre genres d’espaces et genres de discours ? p22

Parmi les autres systèmes mnémoniques de lieux, les recherches de Mary Carruthers ont mis en évidence, pour le Moyen Âge en particulier, l’importance du livre lui-même : Mary Carruthers, The Book of Memory, a Study of Memory in Medieval Culture, Cambridge University Press, 1990. Il faut d’ailleurs noter que dans ce livre, comme dans The Craft of Thought : Meditation, Rhetoric, and the Making of Images 400-1200 (Cambridge University Press 1998), Carruthers conteste la place prépondérante donnée par Yates aux systèmes de lieux architecturaux. P23 (notes)

Mais il est également possible que la possession et la gestion mentales de plusieurs systèmes de lieux aient progressivement répondu au besoin d’affecter à des espaces différents des types de discours différents, et qu’une affinité de thème ou de genre ait réglé cette répartition. On pourrait imaginer qu’alors une forme de correspondance, administrée par des règles de convenance, ait été cherchée entre les lieux et leur mobilier de figures symboliques, ouvrant la voie à une sémantisation différentielle des lieux en fonction de leur nature (maison, bâtiment public, quartier de ville, environs, campagne…) et, réciproquement, à une contamination des figures par leurs cadres. Cette hypothèse amènerait à examiner le rôle qu’a pu jouer l’art de la mémoire dans la distinction des scènes (tragique, comique, satyrique) ou des genres (picturaux, littéraires…) par leur décor. On voit bien, en tout cas, comment la pratique commune de l’ars memorativa a dû conduire à une forme d’incrustation des images dans les lieux. P 24

Par ailleurs, les lieux mnémoniques peuvent, selon les auteurs, être réels ou imaginaires : soit des agencements d’espaces existants que l’orateur a choisis puis patiemment observés et mémorisés, soit des agencements fictifs qu’il a mentalement conçus et construits à sa convenance, en suivant les règles que les auteurs recommandent concernant le nombre, les proportions, les distances, l’éclairage, etc. de ces lieux. P24

On peut se figurer ainsi la réalité construite des villes de l’Antiquité, continuellement reconstruite, recomposée dans l’imagination de ses habitants et redoublée par une multitude de villes analogues, elles-mêmes peuplées et repeuplées de figures symboliques et de repères de mémoire. Ce songe ouvre à d’importantes questions : quels rapports ces villes et ces bâtiments analogues pouvaient-ils entretenir entre eux et avec la ville réelle ? On peut en effet se demander ce que cette pratique de la mémoire artificielle, qui fait de l’orateur non seulement un promeneur, mais aussi un architecte ou un urbaniste en imagination, a pu avoir comme influence sur la lecture et la conception des lieux réels. P24

Dans son Livre des demeures ou des châteaux de l’âme, sainte Thérèse d’Avila, recourant à un procédé analogue, décrira les emménagements successifs de l’âme dans des édifices de plus en plus grands qui correspondent, eux, à des degrés plus avancés de spiritualité. Du reste, Marc Fumaroli a montré dans L’Âge de l’éloquence (réed. Albin Michel, 1994, p421) comment les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola et de la rhétorique jésuite en général mettront effectivement en œuvre des techniques dérivées de l’ars memorativa. P25 (notes)

Enfin, cette mémoire artificielle est principalement décrite comme une technique que les individus exploitent à leur convenance, en choisissant leurs lieux et en façonnant leurs images propres. Toutefois, on imagine bien comment la généralisation de cette pratique et la diffusion de son enseignement à travers des exercices, des recommandations et des exemples ont pu conduire à la constitution progressive et à la transmission d’un capital d’images et de lieux conventionnels. Cette forme de standardisation ou de collectivisation partielle des outils mnémotechniques, qui force à interroger les rapports de l’art de la mémoire avec les descriptions et les productions de l’art proprement dit (littérature, peinture, sculpture, architecture…), est en tout cas un trait majeur de ce que Frances Yates appelle « la métamorphose médiévale de l’art classique de la mémoire ». La culture chrétienne, explique-t-elle en substance, fait subir à l’ars memorativa une mutation profonde, en le déplaçant du domaine de la rhétorique vers celui de l’éthique. P26

…la christianisation de l’art de la mémoire transforme une technique utilisée par l’orateur pour rappeler ce dont il souhaite se souvenir, en une didactique destinée à imprimer dans l’âme des chrétiens ce dont ils doivent garder mémoire. La mémoire artificielle, dont toutes les règles classiques sont reconduites et réajustées à cette fin, est mobilisée au service de la contemplation, de la méditation et de l’observation de la doctrine. Du coup, les lieux et les images, référés au discours de la vérité révélée, ciment de la communauté, acquièrent le statut d’une symbolique partagée (« un système d’images ») et quasi d’une langue qui sert à communier dans cette vérité et à imprimer dans les âmes les notions ou intentions sur lesquelles doit se régler la conduite en ce mode. Leurs conception et fabrication ne relèvent plu seulement de la cuisine secrète de l’orateur, mais de la représentation et de la communication même du discours. Dès lors, toutes les conditions sont réunies pour que ces systèmes de lieux et d’images mnémoniques se mettent à exister, c’est-à-dire soient décrits, peints, sculptés et finalement construits. P26

Erwin Pnofsky…hypothèse…une correspondance terme à terme de l’architecture gothique et de la pensée scolastique p28

Hypothèse de chevauchement

Quant à l’art urbain tout d’abord – et pour ne pas quitter tout de suite le Moyen Âge-, on peut par exemple se demander si les processions religieuses ne doivent pas être interprétées comme la pratique collective d’un ars memorativa qui assimile la ville à une carte mentale où la localisation relative des édifices religieux, des lieux consacrés, et le dessin des itinéraires eux-mêmes, inscrivent des repères et des schèmes mnémoniques. P28-30

« Cet art intérieur, qui encourageait l’utilisation de l’imagination en en faisant un devoir moral a certainement dû jouer un rôle de premier plan dans la mise au jour des images. Est-ce que la mémoire peut expliquer l’amour du Moyen Âge pour le grotesque, le bizarre ? Peut-être les figures étranges que l’on voit sur les pages des manuscrits et dans toutes les formes de l’art médiéval ne sont-elles pas tant la révélation d’une psychologie torturée que la preuve du fait que le Moyen Âge, quand il devait se souvenir, suivait les règles classiques pour fabriquer des images faciles à se rappeler. », ibid., p118, p29 (note 10)

Les lecteurs désireux de mieux mesurer cette incidence de l’ars memorativa sur l’architecture et la peinture religieuse au Moyen Âge pourront consulter avec profit le numéro spécial 1996 des Cahiers de la villa Gillet, « Lieux ou espaces de la mémoire ? » (Jean-Philippe Antoine (dir.), éditions Circé, 1997), en particulier les contributions de Mary Carruthers, « Locus Tabernaculi, mémoire et lieu dans la méditation monastique », et de Jean Philippe Antoine, « Invention spacieuse et scène de la parole : les fresques monumentales en Italie au tournant du Duecento ou du Trecento ». p29 (note 13)

En mettant ainsi à profit ce que nous enseigne l’histoire des idées et de la rhétorique, et en l’articulant à ce que la sociologie moderne nous a appris des « cadres sociaux de la mémoire », nous devrions être mieux capables de comprendre les villes : non plus seulement comme des mémoires passives et conditionnantes, c’est-à-dire comme des accumulations particulièrement denses de traces et de souvenirs, mais comme des mémoires actives et conditionnées, c’est-à-dire comme des systèmes de lieux mnémoniques construits. P 30

André Corboz, « La ville comme temple », in Compar(a)ison n°2, 1994, repris dans Le Territoire comme palimpseste et autres essais, op. cit., p31-62. (note14) p31

Christine Boyer, The City of Collective Memory, MIT Press, 1996.

Monique Mosser et Philippe Nys (dir.), Le Jardin comme art et lieu de mémoire, éditions de l’Imprimeur, 1995.

Ce qui est clair en tout cas, c’est que le jardin a longtemps été conçu comme l’endroit où la géographie de l’âme rencontre la géographie de la nature, et l’art des jardins comme l’entreprise consciente de cette rencontre. Au point que l’on pourrait, rétrospectivement, décrire l’enjeu de l’art topiaire comme l’information mutuelle, l’une par l’autre, de la topique et de la topographie. P32-34

John Dixon Hunt, L’Art du jardin et son histoire, Odile Jacob, 1996, qui reprend le texte de deux conférences données au Collège de France, et où cette thèse du jardin comme terza natura ou comme art de la représentation est exposée de façon particulièrement claire. Pour plus de détails, on peut également consulter le chapitre 3 de son Greater perfections : The Practice of Garden Theory (University of Pennsylvania Press, 2000), intitulé « The Idea of a Garden and the Three Natures ». En affichant un ton beaucoup plus théoricien et un point de vue artificialiste renouvelé d’Oscar Wilde, Alain Roger a proposé quant à lui le terme artilisation pour rendre compte du processus à travers lequel un pays est transformé en paysage, cette artilisation pouvait s’opérer soit in visu (peinture, description littéraire, photographie, cinéma, etc.), soit in situ (jardin, aménagement paysager…). Même si elle est stimulante par l’accent qu’elel met sur l’origine artistique de la notion de paysage, cette conception nous paraît assez réductrice, voire passablement dangereuse quand elle conduit son auteur à débouter par principe la géographie et les « sciences de l’environnement » de toute compétence à « traiter » du paysage (cf. Court traité du paysage, Gallimard, 1997). Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir la maîtrise d’ouvrage publique des grandes infrastructures routières trouver là un fond de sauce théorique qui lui permet de vendre les autoroutes qui, certes et comme il se doit, vont « respecter » l’environnement mais comme des dispositifs qui vont littéralement « ouvrir » et « inventer » le paysage, sans que l’on sache très bien, dans ce domaine, à qui revient la charge de la preuve. Cf. le collectif Autoroutes et paysages publié à l’initiative de la Direction des routes par Bernard Lassus et Christian Leyrit (Les Editions du Demi-Cercle, 1993) : même si John Dixon Hunt paraît apporter sa caution à cette entreprise passablement acritique, il nous semble que la notion de représentation, plus traditionnelle que celle d’artialisation, est également plus riche, plus subtile, moins complaisante, et qu’elle devrait permettre de fonder, dans ce domaine, des points de vue plus circonspects. Pour une critique pleine de bon sens de l’essai d’Alain Roger, voir le compte rendu de Jacques Dewitte, « L’artialisation et son autre », critique n°613-614, juin-juillet 1998, p348-366. P33 (note18)

…Patrick Geddes, qui définissait son concept de géotechique comme une « géographie appliquée (applied geography) ». p35 (note 20)

Dans « Landscape as Theater », John Brinckerhoff Jackson (The Necessitu for Ruins an other Topics, The University of Massachusset Press, Amherst, 1980) a très précisément situé entre la fin du XVe siècle et la première moitié du XVIIe la période où la métaphore du théâtre commande la perception du paysage et la conception du jardin en Europe. Bien que cette métaphore classique ne soit donc plus tout à fait opératoire depuis trois siècles, nous n’aurions toujours pas réussi à la remplacer vraiment : « …with the final rejection of the Classical metaphor of landscape as theater the search was on for a new and more vivid way of defining the landscape. We are still searching… » Cf. aussi, dans le même recueil, « Gardens to Decipher and Gardens to Admire ». Le lecteur trouvera les versions françaises de ces textes dans la traduction que j’ai donnée de ce recueil : «La Nécessité des ruines et autres sujets, éditions du Linteau, Paris, 2004. P35 (note 21)

L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, édition de la Villette, Paris, 2010

On aura compris que par sub-urbanisme je n’entends pas désigner un secteur particulier de l’urbanisme mais, littéralement, une subversion de cette discipline, un renversement à la faveur duquel le site devient la matrice du projet tandis que le programme est utilisé comme un instrument d’exploration, de lecture, d’invention et, en somme, de représentation du site. P12 (introduction)

Quatre réflexes, assez ancrés dans la culture du jardin, paraissent caractériser cette démarche alternative : la mémoire ou anamnèse des qualités du site, la vision du site et du projet comme processus plutôt que comme produits, la lecture en épaisseur, et non seulement en plan, des espaces ouverts, et enfin la pensée relative – une conception du site et du projet comme champs de relations plutôt que comme arrangements d’objets. P12 (introduction)

C’est ainsi qu’il faut considérer ces quatre réflexes heuristiques : comme un vade-mecum pour aider à trouver des pistes dans ce maquis qu’est toujours la gestation d’un projet, et aussi, du coup, comme une sorte d’instrument critique pour analyser a posteriori la façon dont un projet se rapporte à son site, le réinvente et, pour ainsi dire, le réussit. P12 (introduction)

J’ai bien conscience de ce que, depuis plus de vingt ans, l’urbanisme est également travaillé par une autre subversion, représentée par un courant significatif de l’architecture contemporaine dont le territoire de référence n’est pas la suburbia mais la métropole. J’appelle sururbanisme (ou super-urbanisme) cette subversion symétriquement opposée à la précédente. En effet, tandis que le sub-urbanisme peut être décrit comme une démarche de projet qui trouve son programme dans le site en question , où l’invention du programme est entièrement relative à l’exploration et à la représentation du site, le sur-urbanisme, lui, peut être défini comme l’approche exactement inverse : une démarche de projet qui trouve son site dans le programme, où le site est littéralement produit à travers la manipulation, le déploiement et la représentation du programme (de ses strates, de ses contradictions), et où le programme est donc envisagé, façonné  et construit comme site, toutes les techniques de la cartographie et de l’analyse topographique étant transposées en outils de conception. P14 (introduction)

Bouderie impatiente

Cf. « Sub-urbanisme et paysage », programme du cycle 1996-1997 de la Tribune d’histoire et d’actualité de l’architecture, Société française des architectes, novembre 1996. Nous y proposions à l’adresse d’un futur dictionnaire universel du XXIe siècle, la définition suivante : « Sub-urbanisme : n. m. dérivé de suburbain (italique : suburbia) et démarqué de urbanisme. – I. Corpus des expériences et des dispositifs d’aménagement (paysagers, architecturaux, infrastructurels et géotechniques) spécifiquement développés dans les suburbie, et à travers lesquels ces dernières ont pu façonner leurs espaces et leurs physionomies propres. – 2. Discipline de projet d’abord inspirée par les situations suburbaines, et où la hiérarchie traditionnellement instaurée par l’urbanisme entre programme et site (d’après la logique de commande qui prévaut en architecture) est inversée, le site devenant l’idée régulatrice du projet. Cf. Paysage. – 3. Hypothèse théorique et critique, pas forcément exclusive de sa réciproque, qui regarde l’aménagement comme un mouvement qui va « du dehors vers le dedans », des environs vers la ville. Par extension : approche historiographique qui envisage ces expériences suburbaines, leurs dispositifs paysagers et en particulier leurs jardins comme d’authentiques laboratoires de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. (notes1) p 15

Bien qu’opposés dans leurs façons respectives d’envisager la dialectique entre site et programme, sub-urbanisme et sur-urbanisme ne s’excluent pas nécessairement l’un l’autre, et peuvent même être considérés comme deux subversions, symétriques et complémentaires, des routines de l’urbanisme. Tandis que ce dernier envisage l’étendue des villes et se préoccupe essentiellement d’organiser et de planifier leur extension, le sub-urbanisme et le sur-urbanisme s’appliquent tous deux à explorer et amplifier l’épaisseur des situations, l’un par induction en envisageant le site comme palimpseste, et l’autre par projection en envisageant le programme comme hypertexte. En d’autres termes, on peut considérer que les juridictions du sub et du sur-urbanisme se recouvrent, et que ces deux poétiques parallèles représentent, à l’aube du XXIe siècle, deux voies simultanément possibles pour l’architecture des villes et des paysages. Sur l’usage fait ici des notions de palimpseste et d’hypertexte, cf. André Corboz, Le Territoire comme palimpseste et autres essais (Les Editions de l’Imprimeur, Paris, 2001, avec notre introduction : « Du Palimpseste à l’Hyperville : André Corboz, webmaster de la ville et des territoires ») et, du même, « La Suisse comme hyperville » (Le Visiteur n°6, novembre 2000). p14 (notes4)

Une abbaye de mémoire et son vocabulaire f´images, Johannes Romperch, Congestiorum Artificiose Memorie, Venise, 1563.
Dans, L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture de Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

Une abbaye de mémoire et son vocabulaire f´images, Johannes Romperch, Congestiorum Artificiose Memorie, Venise, 1563.
Dans, L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture de Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

Mnémotechnique

Mécanisme de l’ars memorativa…traité anonyme Ad Herrenium, le De Oratore de Cicéron et l’Institutio Oratoria de Quintilien. P 18

France Yates, L’Art de la mémoire, trad. Fr. Daniel Arasse, Gallimard, 1975, p7. L’édition originale anglaise de The Art of Memory date de 1966. Quelques années auparavant, en 1960, Paolo Rossi avait déjà fait paraître sa Clavis Universalis, centrée sur l’histoire des arts de la mémoire aux XVIe et XVIIe siècles. En 1983, la seconde édition de ce livre, qui devait beaucoup aux recherches antérieures de Frances Yates, fut d’ailleurs dédiée par son auteur à la mémoire de l’historienne anglaise : Paolo Rossi, Clavis Universalis, arts de la mémoire, logique combinatoire et langue universelle de Lulle à Leibniz, trad fr. Million, 1993. Lors de deux conférences données à l’Architectural Association de Londres en 1980, Yates s’interrogea elle-même sur l’intérêt possible de ses recherches pour les architectes aujourd’hui : « So I leave you with the thought that buildings may be less solid than they seem, existing invisibly in the mind of the architect before they are born ; remembered invisibly down the ages in the memories of generations. » (Architecture and the Art of Memory », AA Quaterly vol. 12, n°4, 1980). P19 (note 1)

…Platon désigne l’essence des choses -, ou la thèse aristotélicienne selon laquelle « L’âme ne pense jamais sans une image mentale. » p20

L’important est qu’il s’agisse de lieux dont les configurations et les relations sont fixées et gouvernées par un ou quelques parcours déterminés. P22

La mémoire artificielle, en somme, appelle un paysage lui-même relativement artificiel. P 22

D’autre part, la mémoire des lieux précède celle des images, à laquelle elle sert de cadre et de support. P22

…des rapports d’affinités pouvaient-ils s’établir entre genres d’espaces et genres de discours ? p22

Parmi les autres systèmes mnémoniques de lieux, les recherches de Mary Carruthers ont mis en évidence, pour le Moyen Âge en particulier, l’importance du livre lui-même : Mary Carruthers, The Book of Memory, a Study of Memory in Medieval Culture, Cambridge University Press, 1990. Il faut d’ailleurs noter que dans ce livre, comme dans The Craft of Thought : Meditation, Rhetoric, and the Making of Images 400-1200 (Cambridge University Press 1998), Carruthers conteste la place prépondérante donnée par Yates aux systèmes de lieux architecturaux. P23 (notes)

Mais il est également possible que la possession et la gestion mentales de plusieurs systèmes de lieux aient progressivement répondu au besoin d’affecter à des espaces différents des types de discours différents, et qu’une affinité de thème ou de genre ait réglé cette répartition. On pourrait imaginer qu’alors une forme de correspondance, administrée par des règles de convenance, ait été cherchée entre les lieux et leur mobilier de figures symboliques, ouvrant la voie à une sémantisation différentielle des lieux en fonction de leur nature (maison, bâtiment public, quartier de ville, environs, campagne…) et, réciproquement, à une contamination des figures par leurs cadres. Cette hypothèse amènerait à examiner le rôle qu’a pu jouer l’art de la mémoire dans la distinction des scènes (tragique, comique, satyrique) ou des genres (picturaux, littéraires…) par leur décor. On voit bien, en tout cas, comment la pratique commune de l’ars memorativa a dû conduire à une forme d’incrustation des images dans les lieux. P 24

Par ailleurs, les lieux mnémoniques peuvent, selon les auteurs, être réels ou imaginaires : soit des agencements d’espaces existants que l’orateur a choisis puis patiemment observés et mémorisés, soit des agencements fictifs qu’il a mentalement conçus et construits à sa convenance, en suivant les règles que les auteurs recommandent concernant le nombre, les proportions, les distances, l’éclairage, etc. de ces lieux. P24

On peut se figurer ainsi la réalité construite des villes de l’Antiquité, continuellement reconstruite, recomposée dans l’imagination de ses habitants et redoublée par une multitude de villes analogues, elles-mêmes peuplées et repeuplées de figures symboliques et de repères de mémoire. Ce songe ouvre à d’importantes questions : quels rapports ces villes et ces bâtiments analogues pouvaient-ils entretenir entre eux et avec la ville réelle ? On peut en effet se demander ce que cette pratique de la mémoire artificielle, qui fait de l’orateur non seulement un promeneur, mais aussi un architecte ou un urbaniste en imagination, a pu avoir comme influence sur la lecture et la conception des lieux réels. P24

Dans son Livre des demeures ou des châteaux de l’âme, sainte Thérèse d’Avila, recourant à un procédé analogue, décrira les emménagements successifs de l’âme dans des édifices de plus en plus grands qui correspondent, eux, à des degrés plus avancés de spiritualité. Du reste, Marc Fumaroli a montré dans L’Âge de l’éloquence (réed. Albin Michel, 1994, p421) comment les exercices spirituels de saint Ignace de Loyola et de la rhétorique jésuite en général mettront effectivement en œuvre des techniques dérivées de l’ars memorativa. P25 (notes)

Enfin, cette mémoire artificielle est principalement décrite comme une technique que les individus exploitent à leur convenance, en choisissant leurs lieux et en façonnant leurs images propres. Toutefois, on imagine bien comment la généralisation de cette pratique et la diffusion de son enseignement à travers des exercices, des recommandations et des exemples ont pu conduire à la constitution progressive et à la transmission d’un capital d’images et de lieux conventionnels. Cette forme de standardisation ou de collectivisation partielle des outils mnémotechniques, qui force à interroger les rapports de l’art de la mémoire avec les descriptions et les productions de l’art proprement dit (littérature, peinture, sculpture, architecture…), est en tout cas un trait majeur de ce que Frances Yates appelle « la métamorphose médiévale de l’art classique de la mémoire ». La culture chrétienne, explique-t-elle en substance, fait subir à l’ars memorativa une mutation profonde, en le déplaçant du domaine de la rhétorique vers celui de l’éthique. P26

…la christianisation de l’art de la mémoire transforme une technique utilisée par l’orateur pour rappeler ce dont il souhaite se souvenir, en une didactique destinée à imprimer dans l’âme des chrétiens ce dont ils doivent garder mémoire. La mémoire artificielle, dont toutes les règles classiques sont reconduites et réajustées à cette fin, est mobilisée au service de la contemplation, de la méditation et de l’observation de la doctrine. Du coup, les lieux et les images, référés au discours de la vérité révélée, ciment de la communauté, acquièrent le statut d’une symbolique partagée (« un système d’images ») et quasi d’une langue qui sert à communier dans cette vérité et à imprimer dans les âmes les notions ou intentions sur lesquelles doit se régler la conduite en ce mode. Leurs conception et fabrication ne relèvent plu seulement de la cuisine secrète de l’orateur, mais de la représentation et de la communication même du discours. Dès lors, toutes les conditions sont réunies pour que ces systèmes de lieux et d’images mnémoniques se mettent à exister, c’est-à-dire soient décrits, peints, sculptés et finalement construits. P26

Erwin Pnofsky…hypothèse…une correspondance terme à terme de l’architecture gothique et de la pensée scolastique p28

Hypothèse de chevauchement

Quant à l’art urbain tout d’abord – et pour ne pas quitter tout de suite le Moyen Âge-, on peut par exemple se demander si les processions religieuses ne doivent pas être interprétées comme la pratique collective d’un ars memorativa qui assimile la ville à une carte mentale où la localisation relative des édifices religieux, des lieux consacrés, et le dessin des itinéraires eux-mêmes, inscrivent des repères et des schèmes mnémoniques. P28-30

« Cet art intérieur, qui encourageait l’utilisation de l’imagination en en faisant un devoir moral a certainement dû jouer un rôle de premier plan dans la mise au jour des images. Est-ce que la mémoire peut expliquer l’amour du Moyen Âge pour le grotesque, le bizarre ? Peut-être les figures étranges que l’on voit sur les pages des manuscrits et dans toutes les formes de l’art médiéval ne sont-elles pas tant la révélation d’une psychologie torturée que la preuve du fait que le Moyen Âge, quand il devait se souvenir, suivait les règles classiques pour fabriquer des images faciles à se rappeler. », ibid., p118, p29 (note 10)

Les lecteurs désireux de mieux mesurer cette incidence de l’ars memorativa sur l’architecture et la peinture religieuse au Moyen Âge pourront consulter avec profit le numéro spécial 1996 des Cahiers de la villa Gillet, « Lieux ou espaces de la mémoire ? » (Jean-Philippe Antoine (dir.), éditions Circé, 1997), en particulier les contributions de Mary Carruthers, « Locus Tabernaculi, mémoire et lieu dans la méditation monastique », et de Jean Philippe Antoine, « Invention spacieuse et scène de la parole : les fresques monumentales en Italie au tournant du Duecento ou du Trecento ». p29 (note 13)

En mettant ainsi à profit ce que nous enseigne l’histoire des idées et de la rhétorique, et en l’articulant à ce que la sociologie moderne nous a appris des « cadres sociaux de la mémoire », nous devrions être mieux capables de comprendre les villes : non plus seulement comme des mémoires passives et conditionnantes, c’est-à-dire comme des accumulations particulièrement denses de traces et de souvenirs, mais comme des mémoires actives et conditionnées, c’est-à-dire comme des systèmes de lieux mnémoniques construits. P 30

André Corboz, « La ville comme temple », in Compar(a)ison n°2, 1994, repris dans Le Territoire comme palimpseste et autres essais, op. cit., p31-62. (note14) p31

Christine Boyer, The City of Collective Memory, MIT Press, 1996.

Monique Mosser et Philippe Nys (dir.), Le Jardin comme art et lieu de mémoire, éditions de l’Imprimeur, 1995.

Ce qui est clair en tout cas, c’est que le jardin a longtemps été conçu comme l’endroit où la géographie de l’âme rencontre la géographie de la nature, et l’art des jardins comme l’entreprise consciente de cette rencontre. Au point que l’on pourrait, rétrospectivement, décrire l’enjeu de l’art topiaire comme l’information mutuelle, l’une par l’autre, de la topique et de la topographie. P32-34

John Dixon Hunt, L’Art du jardin et son histoire, Odile Jacob, 1996, qui reprend le texte de deux conférences données au Collège de France, et où cette thèse du jardin comme terza natura ou comme art de la représentation est exposée de façon particulièrement claire. Pour plus de détails, on peut également consulter le chapitre 3 de son Greater perfections : The Practice of Garden Theory (University of Pennsylvania Press, 2000), intitulé « The Idea of a Garden and the Three Natures ». En affichant un ton beaucoup plus théoricien et un point de vue artificialiste renouvelé d’Oscar Wilde, Alain Roger a proposé quant à lui le terme artilisation pour rendre compte du processus à travers lequel un pays est transformé en paysage, cette artilisation pouvait s’opérer soit in visu (peinture, description littéraire, photographie, cinéma, etc.), soit in situ (jardin, aménagement paysager…). Même si elle est stimulante par l’accent qu’elel met sur l’origine artistique de la notion de paysage, cette conception nous paraît assez réductrice, voire passablement dangereuse quand elle conduit son auteur à débouter par principe la géographie et les « sciences de l’environnement » de toute compétence à « traiter » du paysage (cf. Court traité du paysage, Gallimard, 1997). Il n’est d’ailleurs pas étonnant de voir la maîtrise d’ouvrage publique des grandes infrastructures routières trouver là un fond de sauce théorique qui lui permet de vendre les autoroutes qui, certes et comme il se doit, vont « respecter » l’environnement mais comme des dispositifs qui vont littéralement « ouvrir » et « inventer » le paysage, sans que l’on sache très bien, dans ce domaine, à qui revient la charge de la preuve. Cf. le collectif Autoroutes et paysages publié à l’initiative de la Direction des routes par Bernard Lassus et Christian Leyrit (Les Editions du Demi-Cercle, 1993) : même si John Dixon Hunt paraît apporter sa caution à cette entreprise passablement acritique, il nous semble que la notion de représentation, plus traditionnelle que celle d’artialisation, est également plus riche, plus subtile, moins complaisante, et qu’elle devrait permettre de fonder, dans ce domaine, des points de vue plus circonspects. Pour une critique pleine de bon sens de l’essai d’Alain Roger, voir le compte rendu de Jacques Dewitte, « L’artialisation et son autre », critique n°613-614, juin-juillet 1998, p348-366. P33 (note18)

…Patrick Geddes, qui définissait son concept de géotechique comme une « géographie appliquée (applied geography) ». p35 (note 20)

Dans « Landscape as Theater », John Brinckerhoff Jackson (The Necessitu for Ruins an other Topics, The University of Massachusset Press, Amherst, 1980) a très précisément situé entre la fin du XVe siècle et la première moitié du XVIIe la période où la métaphore du théâtre commande la perception du paysage et la conception du jardin en Europe. Bien que cette métaphore classique ne soit donc plus tout à fait opératoire depuis trois siècles, nous n’aurions toujours pas réussi à la remplacer vraiment : « …with the final rejection of the Classical metaphor of landscape as theater the search was on for a new and more vivid way of defining the landscape. We are still searching… » Cf. aussi, dans le même recueil, « Gardens to Decipher and Gardens to Admire ». Le lecteur trouvera les versions françaises de ces textes dans la traduction que j’ai donnée de ce recueil : «La Nécessité des ruines et autres sujets, éditions du Linteau, Paris, 2004. P35 (note 21)

L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, édition de la Villette, Paris, 2010

On aura compris que par sub-urbanisme je n’entends pas désigner un secteur particulier de l’urbanisme mais, littéralement, une subversion de cette discipline, un renversement à la faveur duquel le site devient la matrice du projet tandis que le programme est utilisé comme un instrument d’exploration, de lecture, d’invention et, en somme, de représentation du site. P12 (introduction)

Quatre réflexes, assez ancrés dans la culture du jardin, paraissent caractériser cette démarche alternative : la mémoire ou anamnèse des qualités du site, la vision du site et du projet comme processus plutôt que comme produits, la lecture en épaisseur, et non seulement en plan, des espaces ouverts, et enfin la pensée relative – une conception du site et du projet comme champs de relations plutôt que comme arrangements d’objets. P12 (introduction)

C’est ainsi qu’il faut considérer ces quatre réflexes heuristiques : comme un vade-mecum pour aider à trouver des pistes dans ce maquis qu’est toujours la gestation d’un projet, et aussi, du coup, comme une sorte d’instrument critique pour analyser a posteriori la façon dont un projet se rapporte à son site, le réinvente et, pour ainsi dire, le réussit. P12 (introduction)

J’ai bien conscience de ce que, depuis plus de vingt ans, l’urbanisme est également travaillé par une autre subversion, représentée par un courant significatif de l’architecture contemporaine dont le territoire de référence n’est pas la suburbia mais la métropole. J’appelle sururbanisme (ou super-urbanisme) cette subversion symétriquement opposée à la précédente. En effet, tandis que le sub-urbanisme peut être décrit comme une démarche de projet qui trouve son programme dans le site en question , où l’invention du programme est entièrement relative à l’exploration et à la représentation du site, le sur-urbanisme, lui, peut être défini comme l’approche exactement inverse : une démarche de projet qui trouve son site dans le programme, où le site est littéralement produit à travers la manipulation, le déploiement et la représentation du programme (de ses strates, de ses contradictions), et où le programme est donc envisagé, façonné  et construit comme site, toutes les techniques de la cartographie et de l’analyse topographique étant transposées en outils de conception. P14 (introduction)

Bouderie impatiente

Cf. « Sub-urbanisme et paysage », programme du cycle 1996-1997 de la Tribune d’histoire et d’actualité de l’architecture, Société française des architectes, novembre 1996. Nous y proposions à l’adresse d’un futur dictionnaire universel du XXIe siècle, la définition suivante : « Sub-urbanisme : n. m. dérivé de suburbain (italique : suburbia) et démarqué de urbanisme. – I. Corpus des expériences et des dispositifs d’aménagement (paysagers, architecturaux, infrastructurels et géotechniques) spécifiquement développés dans les suburbie, et à travers lesquels ces dernières ont pu façonner leurs espaces et leurs physionomies propres. – 2. Discipline de projet d’abord inspirée par les situations suburbaines, et où la hiérarchie traditionnellement instaurée par l’urbanisme entre programme et site (d’après la logique de commande qui prévaut en architecture) est inversée, le site devenant l’idée régulatrice du projet. Cf. Paysage. – 3. Hypothèse théorique et critique, pas forcément exclusive de sa réciproque, qui regarde l’aménagement comme un mouvement qui va « du dehors vers le dedans », des environs vers la ville. Par extension : approche historiographique qui envisage ces expériences suburbaines, leurs dispositifs paysagers et en particulier leurs jardins comme d’authentiques laboratoires de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. (notes1) p 15

Bien qu’opposés dans leurs façons respectives d’envisager la dialectique entre site et programme, sub-urbanisme et sur-urbanisme ne s’excluent pas nécessairement l’un l’autre, et peuvent même être considérés comme deux subversions, symétriques et complémentaires, des routines de l’urbanisme. Tandis que ce dernier envisage l’étendue des villes et se préoccupe essentiellement d’organiser et de planifier leur extension, le sub-urbanisme et le sur-urbanisme s’appliquent tous deux à explorer et amplifier l’épaisseur des situations, l’un par induction en envisageant le site comme palimpseste, et l’autre par projection en envisageant le programme comme hypertexte. En d’autres termes, on peut considérer que les juridictions du sub et du sur-urbanisme se recouvrent, et que ces deux poétiques parallèles représentent, à l’aube du XXIe siècle, deux voies simultanément possibles pour l’architecture des villes et des paysages. Sur l’usage fait ici des notions de palimpseste et d’hypertexte, cf. André Corboz, Le Territoire comme palimpseste et autres essais (Les Editions de l’Imprimeur, Paris, 2001, avec notre introduction : « Du Palimpseste à l’Hyperville : André Corboz, webmaster de la ville et des territoires ») et, du même, « La Suisse comme hyperville » (Le Visiteur n°6, novembre 2000). p14 (notes4)

Une abbaye de mémoire et son vocabulaire f´images, Johannes Romperch, Congestiorum Artificiose Memorie, Venise, 1563.
Dans, L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture de Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

Une abbaye de mémoire et son vocabulaire f´images, Johannes Romperch, Congestiorum Artificiose Memorie, Venise, 1563.
Dans, L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture de Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.

L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, éditions de la Villette, Paris, 2010.
L’art de la mémoire, le territoire et l’architecture, Sébastien Marot, édition de la Villette, Paris, 2010

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Pour ne pas oublier, pour constituer un savoir de réserve, pour piocher dans l'instantané ou le transitoire, ce blog est fait de notes, de découpages, de fragments.

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